Fêtes de fin d’Année en Géorgie : Noël, Nouvel An et coutumes locales

Table de fête géorgienne garnie de plats traditionnels devant une cheminée allumée.

En Géorgie, ces fêtes sont bien plus qu’une célébration religieuse. Elles combinent :

  • Saveurs gastronomiques, avec des plats riches et symboliques.
  • Rituels anciens, comme le « mékvlé » ou le jour du destin.
  • Joie et convivialité, avec la famille, les amis et les voisins.

Pour les voyageurs, participer à ces fêtes est une véritable expérience culturelle. On y découvre l’esprit géorgien : chaleureux, attaché aux traditions et généreux. Ces moments sont aussi l’occasion d’observer comment les croyances populaires et les rituels familiaux façonnent le quotidien et la manière de célébrer les fêtes.

Quand les Géorgiens célèbrent-ils Noël et Nouvel An ?

En Géorgie, les fêtes de fin d’année prennent une couleur toute particulière, car elles s’étalent sur plus de deux semaines et mêlent traditions locales, calendrier julien et influence internationale. Même si le pays suit encore le calendrier julien pour les célébrations religieuses, les Géorgiens fêtent aussi le Nouvel An le 31 décembre, comme partout dans le monde. On peut dire que les festivités commencent ce soir-là… et ne s’arrêtent qu’autour du 19 janvier, jour de l’Épiphanie orthodoxe.

La plupart des Géorgiens célèbrent le Nouvel An le 31 décembre. La soirée commence traditionnellement en famille, autour d’un festin appelé « Soupra », où l’on déguste les plats traditionnels de Noël accompagnés de quelques verres de vin mousseux. Jusqu’à minuit, la famille reste réunie pour trinquer ensemble à l’arrivée de la nouvelle année, un moment souvent accompagné à la télévision par le chant polyphonique traditionnel “Mravaljamier” (« Longue vie »). Ensuite, la fête se poursuit avec la deuxième partie de la soirée, lorsque chacun sort retrouver ses amis pour prolonger la célébration.

Dans de nombreux foyers, toute la famille participe à la préparation des douceurs du Nouvel An. On ressort des placards les incontournables : le gozinaki, cette friandise au miel et aux noix, ou les tchourtchela, ces « colliers » de noix enrobés de jus de raisin épaissi. Ces gourmandises sont ensuite offertes aux enfants et partagées autour de la table, dans cette atmosphère de générosité et de convivialité typiquement géorgienne.

Les traditions festives :

Le « Mekvlé »

Une des traditions du Nouvel An que j’aime beaucoup en Géorgie est le « Mekvlé ». Quand j’étais petite, c’était toujours un moment très attendu à la maison : nous jouions, rigolions et attendions avec excitation la première personne qui franchirait la porte après minuit. On croit que cet invité apporte chance et prospérité à toute la famille pour l’année à venir.

Dans certaines familles, le Mekvlé est choisi avec soin : c’est souvent un invité respecté ou réputé pour sa bonne fortune. Dans les villages, où les liens entre voisins sont forts, le Mekvlé peut même être désigné à l’avance. En entrant dans la maison, il bénit les lieux et disperse des friandises, des noix et des fruits, symboles de prospérité et d’abondance.

Le Mekvlé montre parfaitement ce que j’aime dans nos fêtes de fin d’année : la chaleur familiale, le respect des traditions et ce petit brin de superstition qui rend chaque célébration si spéciale.

Bedoba : le 2 janvier

Une autre tradition que j’affectionne particulièrement en Géorgie se déroule le 2 janvier, appelé Bedoba, ou le « jour du destin ». Selon nos croyances, tout ce qui se passe ce jour-là – événements, rencontres, décisions – influence la chance et le futur de l’année entière.

Pour bien commencer l’année, les Géorgiens s’efforcent de rester joyeux et optimistes, car toute négativité pourrait affecter le destin des mois à venir. Les familles observent souvent des rituels simples: recevoir des invités, ouvrir de petits cadeaux symboliques, accomplir des actions bénéfiques ou simplement passer du temps avec ceux qu’elles aiment, pour attirer prospérité et bonheur.

Bedoba est pour moi une des traditions les plus belles et conviviales des fêtes géorgiennes. C’est un jour pour prendre soin de soi et profiter pleinement de ce qui nous rend heureux : savourer ses plats préférés, boire un bon verre de vin, se détendre dans les bains de soufre ou partager des moments simples avec des amis et la famille. Certains ont même la petite habitude de rendre visite à un ami qui part en voyage, dans l’espoir d’attirer de nouvelles opportunités pour l’année à venir !

Réveillon du Noël orthodoxe : le 6 janvier

La veille du Noël orthodoxe, nous avons une tradition très belle et lumineuse : nous allumons des bougies et les plaçons près des fenêtres, pour que la lumière rayonne dans la rue.

Cette coutume rend hommage à Joseph et Marie, une façon symbolique de les guider dans leur recherche d’un abri. En me promenant dans les rues de Tbilissi, j’adore voir toutes ces lumières scintiller à chaque fenêtre, c’est magique.

Dans les villages et petites villes, la tradition des Alilo se perpétue : de petits groupes d’enfants chantent de porte à porte, apportant des chants de Noël.

À Tbilissi, la liturgie de minuit à la cathédrale de la Sainte Trinité est un moment solennel. Dirigée par le patriarche, elle dure parfois jusqu’à 5 ou 6 heures du matin, et c’est un spectacle impressionnant de foi et de recueillement.

Noël orthodoxe : le 7 janvier

Le 7 janvier, jour du Noël orthodoxe, est une fête nationale très importante en Géorgie. L’un des moments les plus spectaculaires est la parade Alilo, qui traverse Tbilissi et d’autres villes. Des milliers de participants défilent dans les rues, vêtus de costumes traditionnels, portant drapeaux géorgiens, crucifix et icônes.

Tous chantent et psalmodient ensemble, et les enfants se joignent avec enthousiasme. Pour la plupart des familles, la nuit de Noël reste un moment intime et familial, avec des festins, des toasts et beaucoup de viande, puisque c’est la fin du jeûne orthodoxe.

Nouvel An orthodoxe : le 14 janvier

Le Nouvel An orthodoxe, parfois appelé « ancien Nouvel An », tombe une semaine après le Noël orthodoxe. Certaines familles marquent tout de même l’événement par un petit feu d’artifice ou un dîner en famille la veille, le 13 janvier…

Pour être honnête, après toutes ces fêtes et tous ces repas copieux, je suis un peu sur les rotules pour cette journée ! Je pense que la plupart des Géorgiens ressentent la même chose. C’est plutôt un moment tranquille pour conclure les festivités, boire un dernier verre et savourer le calme avant de reprendre le rythme de la nouvelle année.

Épiphanie orthodoxe : le 19 janvier

Le 19 janvier, la Géorgie célèbre l’Épiphanie, ou Baptême du Seigneur, un jour férié où le pays se met en pause pour vivre l’un des moments les plus importants de la tradition orthodoxe. Dans toutes les églises, des offices solennels ont lieu, accompagnés de la Grande bénédiction de l’eau, que les fidèles considèrent comme porteuse de protection et de guérison.


Cette journée marque aussi la fin officielle des fêtes de fin d’année : on retire les décorations de Noël et les marchés d’hiver ferment leurs portes. Un rituel typiquement géorgien vient compléter la fête : le Chichilaki, ce petit sapin traditionnel en bois que l’on brûle pour laisser derrière soi les soucis de l’année écoulée. Un geste simple, à la fois symbolique et libérateur, qui ouvre la voie à une nouvelle année.

Chichilaki : l’arbre de Noël géorgien

L’une de mes traditions préférées des fêtes en Géorgie est sans doute le Chichilaki, un arbre de Noël unique qui raconte notre culture et nos croyances. Contrairement aux sapins occidentaux, le Chichilaki est fabriqué à partir de branches de noisetier séché, soigneusement taillées en fines bandes. Certains disent qu’il ressemble à la barbe de Saint Basile, notre équivalent du Père Noël.

Les Chichilakis sont décorés avec des fruits, des baies, du pain et des rubans colorés, chacun ayant sa symbolique : ils invitent la santé, la prospérité et des récoltes abondantes pour l’année à venir. Pendant mon enfance, j’adorais admirer ces petits chefs-d’œuvre faits à la main, et c’était toujours un plaisir de les voir trôner à côté de notre sapin traditionnel dans la maison.

Les Chichilakis restent dans les maisons jusqu’à la veille de l’Épiphanie, le 19 janvier, jour où ils sont brûlés pour chasser les soucis de l’année écoulée et faire place à de nouvelles bénédictions. Ils symbolisent à la fois la foi, la nature, la mémoire et la générosité, rassemblant familles et communautés, et rappelant combien nos traditions peuvent être vivantes et inspirantes.

Tovlis Papa : le grand-père des neiges

En Géorgie, nous avons notre propre Père Noël : Tovlis Papa, le « grand-père des neiges ». J’adore cette tradition ! Contrairement au Père Noël classique, Tovlis Papa est souvent représenté comme un sage vieil homme, vêtu d’une chokha traditionnelle géorgienne ou d’un manteau en feutre blanc, et coiffé d’un chapeau svan.

Tovlis Papa
Tovlis Papa
Procession Alilo
alilo

Il n’arrive pas avec un traîneau tiré par des rennes, mais transporte ses cadeaux dans une sacoche de selle, parfois accompagné de personnages issus de notre folklore, ce qui rend sa visite encore plus magique et typiquement géorgienne.

Quand j’étais enfant, dans les années 90, les cadeaux de Tovlis Papa n’étaient pas des jouets sophistiqués, mais de simples mandarines et des chourchkhelas, offerts avec tant d’amour. Je me souviens avec tendresse de mes grands-parents me donnant ces délicieuses sucreries, et de la joie toute simple de ces instants. Aujourd’hui, malheureusement, tout est un peu plus commercial, et ces petites merveilles me manquent énormément.

Tovlis Papa rend visite aux enfants le soir du Nouvel An, et dans nos familles, a nos jours on échange traditionnellement les cadeaux le 31 décembre ou le 1er janvier. Pour moi, ces souvenirs d’enfance, ces saveurs et ces rires, restent l’un des moments les plus chaleureux et joyeux des fêtes en Géorgie.

Les plats traditionnels des fêtes de fin d’année

Durant le Nouvel An et Noël, la table géorgienne se transforme en véritable festin. Les familles préparent des mets symboliques et délicieux, qui reflètent la générosité et l’hospitalité géorgiennes. Parmi les plats les plus célèbres :

  • Tolma : feuilles de vigne farcies de viande et de riz, parfois accompagnées de petits légumes. C’est un plat incontournable des grandes occasions, symbole d’unité et de convivialité familiale.
  • Cochon de lait rôti à l’adjika : un autre mets essentiel des repas de fête géorgiens. Il est plus rare dans les restaurants, mais certains proposent ce plat lors de déjeuners ou dîners spéciaux de Noël. On peut le comparer, dans l’esprit, à la dinde de Noël.
  • Satsivi : poulet ou dinde nappé d’une sauce riche à base de noix, d’ail et d’épices. Il s’agit d’un plat emblématique des fêtes, apprécié pour son goût délicat et sa texture onctueuse.
  • Gozinaki : friandise à base de miel et de noix, préparée spécialement pour le Nouvel An. Elle symbolise la prospérité et la douceur pour l’année à venir. Voici un lien vers la recette, si vous voulez essayer !
Gozinaki
cochon rôti
Tolma
la Cuisine géorgienne tolma
satsivi
la Cuisine géorgienne

Petite histoire de Gozinaki

Noix grillées
Miel chaud
Gozinaki prêt

Aujourd’hui, c’est à mon tour de vous souhaiter une année toute douce. Nous sommes encore à un mois du Nouvel An, mais je prends un peu d’avance pour vous souhaiter une année 2026 délicieusement sucrée… comme un bon morceau de gozinaki.

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